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Environnements intérieurs: l'importance de bien ventiler

Publié le : 31 janvier 2019

Environnements intérieurs : l’importance de bien ventiler

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’air à l’intérieur de nos logements peut s’avérer parfois plus pollué qu’à l’extérieur ! Lorsque l’on sait que 80% de notre temps est passé dans des espaces clos, il apparaît évident de porter une attention toute particulière à la qualité de l’air intérieur, en veillant à l’impact de nos activités, en choisissant nos matériaux de construction ou de décoration, mais aussi en adoptant des pratiques régulières de renouvellement de l’air…

 

La ventilation, un acte nécessaire sinon obligatoire

Par les caractéristiques du bâti et par nos activités, l’air intérieur accumule lui aussi les polluants, parfois plus qu’à l’extérieur : poussières, effluents chimiques des produits ménagers, des peintures, ou encore des meubles, émanations liées à nos activités du quotidien (cuisine, ménage, bricolage, tabagisme…), remontées naturelles de radon, transferts de l’extérieur…

Pour chasser ces polluants accumulés, renouveler l’air est indispensable. Aérer en ouvrant grand une fenêtre permettra d’écrêter efficacement mais pour un temps les « pics de pollution » intérieure. Un système de ventilation quant à lui assurera un renouvellement d’air général et permanent du logement dans toutes les pièces, en remplaçant une partie de l’air intérieur vicié par de l’air extérieur sain.

Les systèmes de ventilation, naturels ou mécaniques, permettent en effet de ventiler à la juste mesure : suffisamment pour évacuer vapeur d’eau et polluants, mais pas trop pour ne pas dégrader les performances ou le confort thermique.

Cette nécessité de ventilation est d’autant plus reconnue qu’elle est réglementée : la présence d'un système de ventilation mécanique ou naturel est obligatoire dans tout logement neuf.

 

La réglementation en matière de ventilation :

  • Le décret du 22 octobre 1955 et l’arrêté du 14 novembre 1958 relatif à l’aération des logements (neufs) ont introduit le principe d’aération par pièce (soit par ouverture des fenêtres, soit de façon permanente au moyen de grilles d’aération ou d’un système de ventilation).

  • L’arrêté du 22 octobre 1969 relatif à l’aération des logements neufs a fixé le principe de la ventilation générale et permanente (par ventilation naturelle, par conduits à tirage naturel ou par ventilation mécanique)..

  • Les arrêtés du 24 mars 1982 et du 28 octobre 1983 relatifs à l’aération des logements neufs, en vigueur pour les nouvelles constructions, ont conservé le principe de ventilation générale et permanente de l’arrêté du 22 octobre 1969. Ils fixent des exigences de débits d’air extrait minimum en pièces de service, et autorisent la modulation des débits.

 

Les différents types de ventilation

  • Ventilation naturelle

Elle consiste à créer des courants d’air dans le logement par l’aménagement de grilles d’aération, permettant d’assurer un renouvellement continu de l’air. Ce système, basé sur la différence de température entre extérieur et intérieur, ne permet pas de contrôler le débit et s’avère la plupart du temps trop efficace en hiver et pas suffisamment en été. D’autant qu’en période hivernale, l’inconfort lié au refroidissement et à la dépense énergétique fait que le recours à ces pratiques reste limité (30% de la chaleur des bâtiments serait évacuée par ce type de ventilation).

 

  • Ventilation mécanique contrôlée (VMC)

Il existe deux types de VMC : simple ou double flux.

  • La VMC simple flux est une ventilation par extraction d’air. Ce système dispose d’un régulateur de débit d’air en fonction du besoin. Des entrées d’air sont placées dans les pièces à vivre (chambres, salon,…), généralement au niveau des fenêtres. Les bouches d’extraction sont placées au niveau des pièces humides (salle de bain, cuisine, toilettes, buanderie…) et reliées à un groupe d’extraction motorisé qui met en dépression les locaux.

Autre solution : la ventilation simple flux par injection, qui insuffle de l’air au lieu de l’extraire. Ce système apporte de l’air plus frais dans les pièces de vie, naturellement évacué par les pièces humides. Il crée une légère surpression dans le bâtiment et peut donc être efficace pour limiter l’entrée de polluants extérieurs tels que le radon. Il permet également la filtration de l’air injecté

  • La VMC double flux est plus complexe mais assure une récupération de la chaleur de l’air évacué, avec possibilité de filtration de l’air entrant.

 

  • Ventilation Mécanique Répartie (VMR)

Ce système consiste à installer dans chaque pièce humide une bouche d’extraction, avec son moteur intégré. Fréquemment relié à l’éclairage de la pièce, il se met alors en route lorsque l’on allume la lumière. La VMR est privilégiée lorsque la VMC est difficile à mettre en œuvre, notamment en raison de la difficulté de faire passer le réseau d’extraction dans le logement. Il est en revanche plus consommateur d’énergie et plus bruyant…

 

 

Les bons gestes

Pour que le renouvellement de l’air soit efficace, quelques bons gestes peuvent s’avérer indispensables :

  • Adopter les bons réflexes au quotidien

    • La ventilation doit fonctionner en permanence : son fusible ne doit pas être coupé. De même, ne pas arrêter la ventilation la nuit ou en période d’absence.
    • Les travaux de bricolage, nettoyage et cuisson entraînent des pics de pollution temporaires dans la maison, que l’ouverture des fenêtres permet d’évacuer rapidement, en complément de la VMC.
    • Lors des cuissons, actionner le grand débit de la bouche d’extraction pour éliminer rapidement les odeurs, mais surtout les polluants.
    • En l’absence de tout système de ventilation, l’ouverture des fenêtres reste la seule alternative pour assurer une aération minimale du logement.

 

  • Optimiser son installation de ventilation

    • S’assurer que les prises d’air extérieur ne sont pas situées près de grilles de sortie d’air ou de sources de pollution (circulation, déchets, endroits désignés aux fumeurs…).
    • L’espace sous les portes (1 à 2 cm, dit « détalonnage ») doit être laissé libre puisqu’il permet la circulation de l’air d’une pièce à une autre et doit demeurer le même en cas de changement du revêtement de sol, barre de seuil posée.
    • La porte séparant le garage du reste du logement doit être parfaitement étanche pour éviter le transfert des polluants vers les espaces de vie.
    • En cas de changement de fenêtres, conserver les entrées d’air qui ne sont pas toujours prévues d’un modèle à l’autre.

 

  • Entretenir son système de ventilation

    • Ne pas boucher les entrées d'air et bouches d'extraction, afin d’assurer des débits d’air suffisants.
    • Nettoyer les entrées d'air et bouches d'extraction tous les 6 mois : sales ou obstruées, elles augmentent le confinement et l’exposition aux polluants.
    • Selon le système, vérifier régulièrement les alarmes pour le givre et le changement des filtres, au moins une fois par an, de préférence après la saison des pollens.
    • En cas de proximité d’un axe de trafic routier ou d’un site industriel, changer plus régulièrement les filtres (tous les 3 à 6 mois environ) de votre VMC double flux.
    • Faire contrôler et entretenir son installation par un professionnel tous les 3 ans (nettoyage, maintien des gaines, vérification des entrées d’air,…)

 

  • Identifier les signes d’une aération déficiente (condensation ou moisissures sur les parois, odeurs récurrentes, sensations d’inconfort : fatigue, maux de tête….)

 

 

Pour en savoir plus :