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Pollution routière: quelle exposition pour quel usager?

Publié le : 04 avril 2019

Pollution routière : quelle exposition pour quel usager ?

 

Le temps ensoleillé et calme de ces derniers jours encourage à passer du temps en extérieur, à pieds ou à vélo… mais il est aussi favorable à une légère accumulation des polluants dans l’atmosphère de la région. De fait, la question se pose : vis-à-vis de l’exposition aux polluants de l’air, vaut-il mieux se déplacer en voiture, en vélo, ou à pieds ?

 

Les automobilistes sont les plus exposés à la pollution de l’air

Les automobilistes pensent qu’ils respirent moins de gaz d’échappement que les cyclistes ou les piétons, puisqu’ils sont protégés par l’habitacle douillet de leur voiture. C’est une idée reçue : cyclistes et piétons sont justement les moins exposés à la pollution !

En effet, au cœur d’une source de pollution, les polluants ont en effet tendance à s’accumuler dans l’habitacle de la voiture, tandis qu’à pieds ou à vélo, cet effet de confinement n’existe pas et il reste possible de s’éloigner plus ou moins des flux de circulation. L’air, sans cesse renouvelé, est donc moins chargé en polluants atmosphériques pour un cycliste et pour un piéton, notamment pour ce qui est du monoxyde de carbone, des particules fines (PM10) et du dioxyde d’azote, polluants caractéristiques des transports.

D’après nos confrères d’Occitanie, les « concentrations en dioxyde d'azote mesurées dans les habitacles des voitures sont supérieures à celles observées par les sites de mesures installés à proximité d'axes routiers ». (source)

Et d’après nos confrères d’Ile-de-France, « le piéton est deux à cinq fois moins exposé que l'automobiliste à la pollution. Le vélo va se situer entre les deux, et plus il prendra des voies avec aménagements, plus il se rapprochera de l'exposition du piéton ». (source)

Nota : un cycliste ou un jogger en plein effort ayant besoin d’aspirer plus d’air qu’un automobiliste assis dans sa voiture, il est difficile d’extrapoler directement l’exposition à la pollution en voiture, en vélo ou à pieds aux risques pour la santé. Néanmoins, compte-tenu des effets du sport face à la pollution avancés dans de nombreuses études, et de l’exposition moindre lorsque l’on se trouve à pieds ou à vélo, laisser la voiture et opter pour un mode de déplacement au grand air, à un rythme modéré, reste bénéfique pour la santé.

 

Une appli mobile pour mieux organiser ses trajets

L’exposition à la pollution de l’air, classée comme cancérogène par l’Organisation Mondiale de la Santé, dépend de plusieurs facteurs :

  • le parcours emprunté

  • la durée du trajet

  • les niveaux de polluants de la zone

  • le volume d’air inhalé (en fonction de l'effort produit).

En Bourgogne-Franche-Comté, il est désormais possible de se déplacer en recherchant la meilleure qualité de l’air pour son trajet. L’application « Air To Go », disponible en téléchargement gratuit sur les plateformes Apple et Android, ainsi que sur le web à l’adresse www.airtogo.fr, offre à l’utilisateur la possibilité de trouver les lieux à proximité les moins exposés à la pollution, d’être alerté lorsqu’il entre dans une zone à risque, de calculer la qualité de l’air de son trajet et de disposer de parcours alternatifs pour respirer un air plus sain.

Mise au point en collaboration avec Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, cette appli sera officiellement lancée ce samedi 6 avril par Atmo Bourgogne-Franche-Comté et Dijon métropole. Si les Dijonnais seront les premiers à bénéficier de ce service, celui-ci est déjà en passe d’être disponible pour l’ensemble de la région Bourgogne-Franche-Comté.

 

 

Les bons gestes

  • En voiture

    • J’évite de prendre la voiture pour des trajets de moins de 2 km

    • J’aère lorsque le trafic est plus fluide et lorsque la pollution peut être dispersée (absence de bâtiments hauts, dans une rue dite « canyon » propice à l’accumulation des polluants)

    • J’aère lorsque je sors d’un tunnel ou d’un parking souterrain

    • Plutôt que de rouler au pas dans un bouchon, je modifie mon trajet

 

  • A vélo

    • Je respire par le nez

    • J’adopte un rythme modéré

    • Je préfère les pistes cyclables séparées de la voie de circulation

    • Au feu rouge, je me place devant les voitures et j’évite de rester à l’arrière d’un bus

    • J’évite les axes surchargés en trafic

    • J’emprunte les aménagements qui me permettent de m’éloigner du trafic

    • En cas d’épisode de pollution ou le long des axes routiers les plus importants, je roule à allure modérée

 

  • A pieds

    • Je respire par le nez

    • J’adopte un rythme modéré

    • Je choisis les rues les moins encombrées

    • J’évite les exercices physiques intenses le long des axes routiers les plus importants ou en cas d’épisode de pollution

    • Je vais courir sur les hauteurs de la ville ou dans les espaces verts, à l’écart de la circulation

 

Pour en savoir plus

Les études sur l’exposition à la pollution de l’air dans les transports :