Aller au contenu principal

||

L'été, saison de l'ozone

Photo d'une femme en trottinette dans un parc, accompagnée du conseil "en cas de pollution à l'ozone, je limite les déplacements sur les grands axes routiers et à leurs abords, aux heures de pointe"

Publié le : 28 mai 2026

La saison estivale est aussi la saison de l’ozone, polluant dit « secondaire » qui se forme à partir d’autres polluants et dans des conditions bien particulières, notamment bien ensoleillées. De fait, il n’est pas rare que des épisodes de pollution à l’ozone surviennent à cette période de l’année. Ces derniers jours en France métropolitaine, particulièrement chauds, secs et ensoleillés, et alors même que l’été n’est pas encore officiellement démarré, certaines régions sont déjà le siège d’épisodes de pollution à l’ozone. La Bourgogne-Franche-Comté n’est pas épargnée par les hausses de niveau, et tandis que nos prévisionnistes surveillent la situation de très près, faisons un focus sur l’ozone, ses enjeux et les bons gestes en cas d’épisode de pollution.

Le polluant de l’été

L’ozone n’est pas un polluant émis directement. C’est un polluant dit « secondaire », qui résulte de l’action du rayonnement solaire sur certains composés « précurseurs » tels les oxydes d’azote (NO et NO2) et les composés organiques volatils (COV), d’origine industrielle et automobile pour l’essentiel. La météorologie est un facteur qui influe fortement sur la formation de l’ozone : en général, plus il y a de soleil et de chaleur, plus la formation d’ozone dans l’air est importante.

En outre, la pollution par l’ozone apparaît surtout l’été, lorsque l’ensoleillement est intense. Les plus fortes concentrations sont le plus souvent mesurées en milieu ou fin d’après-midi (forte intensité solaire favorisant les réactions chimiques) et par vent faible (stagnation des polluants dans l’atmosphère), en périphérie des zones émettrices des polluants primaires puis transportées sur de longues distances.

Les concentrations d’ozone les plus importantes ne sont pas nécessairement mesurées sur le lieu principal d’émission des polluants précurseurs (centres des agglomérations, zones industrielles) mais parfois à 50, 100 ou 150 km de là (dans des zones rurales) sous le vent des émetteurs.

L’ozone produit la journée dans les villes disparaît en grande partie pendant la nuit ou sous l’effet d’autres polluants. Dans les zones rurales en revanche, la concentration en polluants qui détruisent l’ozone est moins importante en raison de sources de pollution plus faibles. Des phénomènes d’accumulation peuvent alors se produire et générer ainsi des concentrations plus élevées à la campagne.

L’ozone : « bon » ou « mauvais » ?

Bien que de nature chimique identique, il convient de distinguer l’ozone « stratosphérique » de l’ozone « troposphérique » :

  • l’ozone stratosphérique, qualifié de « bon ozone », forme une couche qui nous protège de certaines radiations nuisibles du soleil (rayons UV-B et UV-C en particulier)
  • l’ozone troposphérique, le « mauvais ozone », est un polluant très toxique car il est en contact direct avec l’homme et les écosystèmes.

Ses impacts sur la santé et l’environnement

L’ozone est un gaz irritant à fort pouvoir oxydant, nocif pour la santé humaine comme pour l’environnement. Il agit notamment sur les muqueuses respiratoires et oculaires, provoquant toux, essoufflement, gêne à l’inspiration, douleurs thoraciques, ainsi qu’irritations du nez, de la gorge et des yeux. Il diminue le seuil de réactivité aux allergènes et augmente la fréquence des crises d’asthme. Les jeunes enfants, les personnes âgées, les asthmatiques, les allergiques et ceux souffrant d’insuffisance cardiaque ou respiratoire y sont particulièrement sensibles.

Dans certaines conditions, l’ozone renforce également le pouvoir allergisant des pollens. Il agit à la fois sur les grains de pollen (en fragilisant leur membrane externe, ce qui facilite la libération des granules allergènes) et sur les voies respiratoires (en les rendant plus sensibles, plus réactives et plus perméables), ce qui peut déclencher une réaction allergique même à de faibles concentrations de pollen.

L’ozone a aussi des effets néfastes sur la végétation. Il perturbe les processus physiologiques des plantes, entraîne l’apparition de nécroses sur les feuilles et réduit leur capacité de photosynthèse. À plus long terme, cela dégrade le métabolisme végétal, freine la croissance des plantes et perturbe la chaîne alimentaire. Les cultures agricoles sont également touchées, avec des pertes de rendement estimées à 15% pour le blé, 11% pour les pommes de terre, 22% pour les hêtres et 12% pour les chênes en France (source : Ademe, étude APollO). Enfin, l’ozone altère certains matériaux du patrimoine bâti, comme les métaux, la pierre, le cuir, le caoutchouc ou les plastiques.

Le point sur la situation actuelle

Un épisode de pollution à l’ozone touche actuellement une grande partie de la France. En cause : la hausse marquée des températures liée à la vague de chaleur précoce observée en cette fin mai, favorisée par un « dôme de chaleur » installé sur l’ouest de l’Europe. Ces conditions météorologiques entraînent une augmentation des niveaux d’ozone sur de nombreuses régions, dont la Bourgogne–Franche-Comté.

Ce mardi 26 mai, plusieurs régions avaient déjà déclenché leurs procédures d’alerte à la pollution à l’ozone, comme l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes ou encore la région PACA. D’autres territoires, dont la Bourgogne–Franche-Comté, voient leurs niveaux d’ozone augmenter. Au vu des prévisions météorologiques, cette situation devrait se poursuivre pendant une partie de la semaine et pourrait concerner davantage de régions (un maximum de 154 µg/m3 a été atteint à Auxerre au cours de la journée du mardi 26 mai, relativement éloigné du seuil d’information fixé à 180 µg/m3/heure).

Les températures exceptionnellement élevées observées ces derniers jours s’expliquent par d’importantes remontées d’air chaud en provenance du Sahara. Ce flux de sud transporte également des poussières désertiques jusqu’à nos régions. Des hausses ponctuelles des niveaux de particules ont ainsi été observées en Bourgogne–Franche-Comté, sans toutefois dépasser les seuils de pollution (un maximum de 49,2 µg/m3 a été atteint à Nevers pour la journée du mardi 26 mai, très proche du seuil d’information fixé à 50 µg/m3/jour).

Par ailleurs, une alerte aux pollens de graminées est en cours depuis jeudi dernier sur l’ensemble de la région. En pleine période de floraison, et avec des conditions météorologiques favorables à leur développement, leurs pollens restent présents en grande quantité dans l’air. Cette situation devrait durer encore plusieurs semaines.

Les personnes sensibles ou vulnérables peuvent ressentir les effets de cette dégradation de la qualité de l’air. Les prévisionnistes d’Atmo Bourgogne-Franche-Comté suivent attentivement l’évolution de la situation et informeront en cas d’épisode de pollution.

FOCUS sur le projet APRIO (Agir Pour Réduire l’Impact de l’Ozone)

Le territoire de Grand Besançon Métropole présente les niveaux d’ozone les plus élevés de la région, soulevant des questions sur leur origine, leur répartition et leurs impacts sur la santé et l’environnement. Le projet APRIO (Agir pour Réduire l’Impact de l’Ozone), cofinancé par l’ADEME dans le cadre du programme AACT’AIR 2024 et porté avec Atmo BFC et le laboratoire Chrono-Environnement, vise à répondre à ces interrogations et à identifier des leviers d’action pour limiter la présence d’ozone et ses effets.

Une campagne de mesures des concentrations d’ozone et de ses précurseurs, menée durant les étés 2024 et 2025, a permis d’établir un diagnostic détaillé (mécanismes de formation, variations temporelles et répartition géographique). Ces observations serviront de base à l’élaboration d’un plan d’action prévu pour l’automne 2026. En parallèle, des actions de sensibilisation et la création de groupes thématiques avec élus et acteurs locaux accompagnent la coconstruction de ce plan.

Les bons gestes

L'ozone est un polluant dépendant essentiellement des conditions météorologiques : il est donc difficile d'influer sur sa formation. Il reste cependant possible d'agir en limitant les niveaux de ses précurseurs (NOx et COV) :

  • J’évite d’utiliser mon véhicule et préfère le covoiturage, les transports collectifs, le vélo voire la marche lorsque cela est possible
  • J’adopte une conduite apaisée, je coupe le moteur à l’arrêt, je limite l’utilisation de la climatisation, mon véhicule est entretenu
  • Je reporte l’utilisation d’outils à moteur thermique (tondeuse, groupe électrogène…)
  • J’évite d’utiliser des produits à base de solvants (white spirit, peinture, vernis…).
  • Je respecte l’interdiction de brûlage à l’air libre des déchets (y compris les végétaux)

Les recommandations sanitaires en cas de pic de pollution

  • De manière générale :
    • Il n’est pas nécessaire que je modifie mes habitudes
    • En cas de symptômes ou d’inquiétude, je prends conseil auprès de mon médecin ou de mon pharmacien
    • Je veille à ne pas aggraver les effets de cette pollution par d’autres facteurs irritants (tabac, usage de solvants, exposition aux pollens…)
    • Je ne modifie pas mes pratiques habituelles d’aération et de ventilation
  • Pour les personnes sensibles et vulnérables (femmes enceintes, nourrissons, jeunes enfants, personnes de plus de 65 ans, personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires, asthmatiques, personnes se reconnaissant comme sensibles lors des pics de pollution) :
    • Je limite les déplacements sur les grands axes routiers et à leurs abords, aux heures de pointe
    • Je limite les activités physiques et sportives intenses (dont les compétitions), autant en plein air qu’à l’intérieur

En savoir plus