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Vagues de chaleur : pourquoi fait-il plus chaud en ville qu’à la campagne ?

Photo représentant une baie vitrée ouverte sur un coucher ou lever de soleil. La photo est accompagnée du conseil "Fortes chaleurs: j'aère tôt le matin ou pendant la nuit, lorsque l'air extérieur est plus frais".

Publié le : 25 juin 2026

Lors des épisodes de forte chaleur, une même journée peut sembler bien différente selon que l'on se trouve en centre-ville ou à la campagne. Alors que les températures restent relativement supportables dans certains espaces naturels, les zones urbaines peuvent devenir particulièrement étouffantes, de jour comme de nuit. Ce phénomène, appelé « îlot de chaleur urbain », est aujourd'hui l'un des principaux défis des villes face au changement climatique.

L'environnement local influence fortement la température

La température ressentie dans un lieu dépend largement de son environnement immédiat. En ville, les bâtiments, routes, trottoirs et parkings sont souvent constitués de matériaux sombres comme le bitume ou le béton. Ces surfaces absorbent une grande quantité du rayonnement solaire pendant la journée puis restituent lentement cette chaleur, notamment durant la nuit. Résultat » les températures baissent moins rapidement qu'à la campagne.

À l'inverse, les espaces végétalisés jouent un rôle rafraîchissant. Les arbres procurent de l'ombre et limitent l'échauffement des sols. Surtout, les plantes rejettent de la vapeur d'eau dans l'air par un phénomène appelé évapotranspiration. Cette évaporation consomme de l'énergie et contribue à refroidir l'environnement, un peu comme la transpiration permet au corps humain de se rafraîchir.

C'est pourquoi les parcs, jardins, forêts urbaines ou encore les zones proches des cours d'eau constituent souvent de véritables « îlots de fraîcheur ». À l'inverse, les quartiers très minéralisés, pauvres en végétation et fortement exposés au soleil deviennent des « îlots de chaleur », où les températures peuvent être de plusieurs degrés supérieures à celles observées dans les espaces ruraux environnants.

La forme même de la ville influence également la chaleur. Des rues étroites bordées de bâtiments élevés peuvent limiter la circulation de l'air et piéger la chaleur, tandis que certaines configurations urbaines favorisent une meilleure ventilation naturelle.

La climatisation : un confort intérieur qui réchauffe l'extérieur

Face aux fortes chaleurs, la climatisation apporte un confort appréciable à l'intérieur des bâtiments. Son fonctionnement repose sur un principe simple : elle extrait la chaleur d'un local pour la rejeter vers l'extérieur.

Concrètement, chaque climatiseur agit comme une pompe à chaleur inversée. La chaleur prélevée à l'intérieur est évacuée dehors, à laquelle s'ajoute l'énergie consommée par l'appareil lui-même. Cette énergie finit également sous forme de chaleur rejetée dans l'environnement.

Lorsque de nombreux systèmes de climatisation fonctionnent simultanément dans un quartier ou une ville, ils contribuent donc à augmenter localement la température extérieure. Ce phénomène est particulièrement marqué lors des vagues de chaleur, lorsque les besoins de refroidissement sont les plus importants. Dans certaines zones urbaines très denses, les rejets de chaleur liés à la climatisation peuvent ainsi renforcer l'effet d'îlot de chaleur urbain.

Pour limiter ce cercle vicieux, plusieurs solutions existent : améliorer l'isolation des bâtiments, installer des protections solaires extérieures, favoriser la ventilation naturelle, végétaliser les espaces urbains ou encore utiliser des matériaux réfléchissant davantage le rayonnement solaire. Ces aménagements permettent de réduire les besoins en climatisation tout en améliorant le confort thermique des habitants.

Mieux comprendre les impacts de la chaleur sur la santé

Les fortes chaleurs ne sont pas seulement une source d'inconfort : elles ont également des conséquences bien réelles sur la santé. Les données disponibles montrent qu'à mesure que les températures augmentent, le nombre de recours aux soins d'urgence et les risques sanitaires progressent également, en particulier chez les personnes les plus vulnérables.

Pour mieux comprendre ces liens entre chaleur et santé, le projet CaTS (Canicule et Territoires de Santé), piloté par le laboratoire ThéMA, analyse de manière fine les différences observées d'un territoire à l'autre. Car l'impact d'une canicule ne dépend pas uniquement de la température : il est aussi influencé par le cadre de vie, la densité de population, l'accès aux soins, la présence de végétation ou encore les caractéristiques socio-démographiques des habitants.

En croisant des données climatiques, environnementales, sanitaires et territoriales, ce projet vise à développer des indicateurs capables d'identifier les zones les plus exposées aux risques liés à la chaleur. L'objectif est de fournir aux acteurs publics des outils d'aide à la décision pour mieux anticiper les épisodes caniculaires, adapter les actions de prévention et renforcer la protection des populations.

À terme, ces nouveaux indicateurs « chaleur-santé » viendront enrichir la plateforme Opteer. Déjà reconnue comme un outil de référence pour l'observation et l'analyse des enjeux territoriaux liés au climat, à l'énergie et à l'environnement, Opteer permettra ainsi d'apporter un éclairage supplémentaire sur les vulnérabilités face aux fortes chaleurs. Les collectivités disposeront d'informations encore plus précises pour orienter leurs politiques d'adaptation et construire des territoires plus résilients face au changement climatique.

Les bons gestes

Face à l'augmentation de la fréquence et de l'intensité des épisodes de chaleur, la lutte contre les îlots de chaleur urbains devient un enjeu majeur de santé publique. L'adaptation passe à la fois par l'aménagement des territoires et par les comportements individuels 

Pour des villes plus fraîches :

  • Développer les arbres et les espaces végétalisés
  • Préserver les espaces naturels et les îlots de fraîcheur existants
  • Désimperméabiliser les sols pour favoriser l'infiltration de l'eau et limiter l'accumulation de chaleur
  • Intégrer davantage d'eau et de végétation dans les aménagements urbains
  • Utiliser des matériaux et des revêtements qui absorbent moins la chaleur

À la maison, pour limiter le recours à la climatisation :

  • Fermer volets et stores pendant les heures les plus chaudes
  • Aérer tôt le matin et pendant la nuit lorsque l'air extérieur est plus frais
  • Utiliser un ventilateur pour améliorer le confort thermique, tout en consommant beaucoup moins d'énergie qu'un climatiseur
  • Limiter l'utilisation des appareils produisant de la chaleur (four, fer à repasser, sèche-linge...) pendant les fortes chaleurs
  • Éteindre les équipements électriques lorsqu'ils ne sont pas utilisés
  • Créer de l'ombre devant les fenêtres grâce à des volets, stores ou végétaux
  • Améliorer l'isolation du logement pour conserver la fraîcheur plus longtemps

Si l'utilisation d'un climatiseur est nécessaire :

  • Choisir un équipement performant et peu énergivore
  • Entretenir régulièrement l'installation pour garantir son efficacité
  • Régler la température avec modération : un écart de 5 à 7 °C avec l'extérieur est généralement suffisant
  • Continuer à aérer quotidiennement le logement aux heures les plus fraîches

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