DES EXPERTS
            À VOTRE SERVICE

DES EXPERTS
            À VOTRE SERVICE

Allergiques, surveillez les pollens...

Publié le : 28 février 2019

Allergiques, surveillez les pollens

 

Il en faut peu pour chatouiller les plus sensibles :  avec près de 20 % de la population allergique aux pollens, ces grains, bien que minuscules, constituent un véritable problème de santé publique. En Bourgogne-Franche-Comté, un réseau de capteurs permet de suivre chaque semaine l’évolution des pollens présents dans l’air… une aide précieuse pour les personnes souffrant de « pollinose » !

 

L’allergie aux pollens

Toutes les espèces végétales qui produisent des fleurs, si petites soient-elles, produisent du pollen. En période de pollinisation, celui-ci est transporté par le vent et les insectes. Ces minuscules grains (quelques dizaines de µm de diamètre / environ 50 µm pour celui d’un cheveu) jouent, dans certaines circonstances, le rôle d’allergènes, c’est-à-dire de substances provoquant une réaction immunitaire. En pénétrant dans les voies respiratoires des individus sensibles, ils provoquent des affections le plus souvent bénignes, parfois sévères voire invalidantes : irritations et picotements du nez, rhinite, crises d’éternuements, conjonctivites, larmoiements… Les petits pollens, qui pénètrent jusque dans les bronches, peuvent provoquer des crises d’asthme : diminution du souffle, sifflements bronchiques ou encore toux persistante.

L’allergie au pollen, ou « pollinose », dépend de plusieurs facteurs :

  • La quantité de pollens dans l’air : plus elle est importante et plus une personne allergique risque de manifester une réaction ;

  • La sensibilité des individus : une personne peu allergique réagira si l’air contient une grande quantité de pollens alors qu’une personne très sensible manifestera une réaction avec peu de pollen.

  • Le potentiel allergisant de chaque plante : plus il est élevé, plus la quantité de pollen nécessaire à provoquer une réaction allergique est faible.Parmi les pollens les plus allergisants figurent ceux du bouleau, des graminées ou encore de l’ambroisie.

 

Dans certaines conditions, la pollution atmosphérique augmente le risque d’allergie aux pollens, soit en modifiant l’allergénicité des pollens, soit en fragilisant les voies respiratoires.

  • Action sur les grains de pollen

La présence de polluants tels que le dioxyde d’azote, le dioxyde de soufre ou l’ozone, fragilise la membrane externe des grains de pollen, qui contiennent de minuscules granules. Ces composants allergènes ont plus de facilité à sortir du grain et donc à entrer en contact avec les muqueuses

  • Action sur les voies respiratoires

Les polluants de l’air ont un caractère irritant qui fragilise les muqueuses respiratoires et les rendent plus sensibles et plus réactives. Leurs effets s’ajoutent alors à ceux de l’allergie pollinique. En particulier, les particules fines faciliteraient la sensibilisation des personnes prédisposées.

 

La surveillance des pollens en Bourgogne-Franche-Comté

La saison 2019 a débuté ce mardi 19 février avec la remise en fonctionnement des capteurs de la région, implantés à Dijon, Chalon, Nevers, Besançon et Montbéliard. Ce dispositif permet de récolter les pollens présents dans l’atmosphère, en vue de les analyser au laboratoire et déterminer quelles espèces affectent ou sont sur le point d’affecter les personnes allergiques.

Les résultats de ces analyses, ou « comptages » comme on dit dans le milieu, sont diffusés chaque vendredi au travers d’un bulletin allergo-pollinique, complété des observations et conseils des allergologues de la région. Le premier bulletin de la saison 2019 sera diffusé ce vendredi 1er mars.

Organisée en partenariat avec l’Agence Régionale de Santé (ARS), le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA), les réseaux d’allergologues de la région (RAFT et ANAFORCAL) et Atmo BFC, cette surveillance présente un double intérêt :

  • pour les personnes allergiques, afin de limiter les effets de l’allergie en prenant un traitement préventif au début du pic pollinique ;

  • pour les médecins de Bourgogne-Franche-Comté, afin de mieux diagnostiquer une allergie chez les patients venus les consulter.

 

 

 

Les bons gestes

  • Tout au long de l’année

    • S’inscrire gratuitement au « bulletin pollens » diffusé chaque vendredi en période de surveillance (https://www.atmo-bfc.org/abonnements)

    • Contrôler et remplacer son filtre habitacle (aussi appelé filtre à pollen) si le véhicule en est équipé

  • En cas de pic pollinique (si je suis allergique au pollen concerné)

    • Suivre son traitement ou consulter son médecin

    • Aérer son logement tôt le matin ou en soirée, fermer les fenêtres le reste de la journée, ne pas les ouvrir lorsqu’il y a du vent

    • Eviter les promenades extérieures par temps sec et ensoleillé, surtout en milieu ou fin de journée

    • Porter des lunettes de soleil (afin de se protéger les yeux des pollens) et un chapeau

    • En voiture, rouler vitres fermées, notamment en campagne

    • Eviter de mettre à sécher le linge dehors

    • Changer de vêtements régulièrement, surtout après une promenade

    • Se rincer les cheveux avant de se coucher (afin d’éviter le transfert des pollens accumulés en journée sur l’oreiller)

 

Les premiers pollens attendus

Les saisons de pollinisation varient selon les espèces végétales, les régions, les années et les conditions météorologiques. En Bourgogne-Franche-Comté, on assiste généralement à deux périodes de pollinisation au cours de l’année :

  • La première période survient l’hiver en début d’année, de fin janvier à mai, avec les pollens d’arbres et arbustes ;

  • La seconde se produit au printemps jusqu’à la fin de l’été, avec les pollens de graminées, plantain, oseille… Certaines espèces comme le châtaignier, le tilleul, les herbacées, l'ambroisie ou encore le cèdre, libèrent leur pollen de l'été à la fin de l'automne.

Les premières espèces attendues pour le début de la surveillance sont donc les pollens d’arbres, notamment ceux des noisetiers et des aulnes qui ont, pour beaucoup, déjà pollinisé avec les températures douces de ce mois de février. D’autres espèces, tels le cyprès, le frêne et le peuplier, pourraient prochainement les accompagner.

Le bouleau, particulièrement allergisant, est généralement observé sur les capteurs à partir de mi-mars jusqu’à fin mai. Le pic principal a lieu durant les 2 premières semaines d’avril, période où le risque allergique est très élevé.

 

Pour en savoir plus :